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Population 2016, n°1
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Population 2016, n°1

2016

N° ISBN 978-2-7332-10642

20,00 €

Soixante-dixième anniversaire de la revue Population
(François Héran commente un article de 1946 d’Alfred Sauvy)

Articles

Maladies rénales et inégalités sociales d’accès à la greffe en France 
Christian Baudelot, Yvanie Caillé, Olivier Gaudechot, Sylvie Mercier

Constitution de la famille et activité des mères. Différences selon le niveau d’éducation en Europe
Jonas Wood, Karel Neels, David De Wachter, Tine Kil

Comparaison des données rétrospectives de fécondité dans les recensements en Belgique et les enquêtes Famille en France
Sandra Brée, Thierry Eggerickx, Jean-Paul Sanderson, Rafael Costa

Notes de recherche

Faisabilité et représentativité d’une enquête téléphonique avec échantillonnage aléatoire de lignes mobiles en Côte d’Ivoire
Joseph Larmarange, Ouattara Kass oum, Élise Kakou, Yves Fradier, Lazare Sika, Christine Danel, le groupe DOD-CI ANRS 12 287

Les erreurs de sexe dans le recensement et leurs effets sur l’estimation des couples de même sexe
Maks Banens, Eric Le Penven

Bibliographie critique
Regards de l’économie sur les inégalités

 



 

Maladies rénales et inégalités sociales d’accès à la greffe en France

Christian Baudelot, Yvanie Caillé, Olivier Gaudechot, Sylvie Mercier

La lutte contre les inégalités sociales de santé est un enjeu majeur de santé publique. Certaines de ces inégalités sont à ce jour peu documentées et donc peu présentes dans les débats. C’est le cas des maladies rénales et de l’accès à leurs traitements (dialyse et greffe de rein). Ces deux  traitements ont des conséquences bien différentes en termes de qualité de vie et d’activité professionnelle. La greffe de rein procure au patient à la fois un quotidien plus confortable et une plus longue espérance de vie, mais son accès est contraint par l’offre de greffons. À partir de deux enquêtes récentes inédites, Christian Baudelot, Yvanie Caillé, Olivier Godechot et Sylvie Mercier rendent compte de l’accès socialement différencié à ces deux traitements et en examinent les mécanismes. À chaque étape de la maladie, une dynamique cumulative conduit les patients les moins diplômés à être en situation de désavantage pour bénéficier d’une greffe de rein.

Constitution de la famille et activité des mères. Différences selon le niveau d’éducation en Europe

Jonas Wood, Karel Neels, David De Wachter, Tine Kil
Malgré la hausse de l’activité des mères de famille entre les années 1970 et 2000 en Europe, la présence des femmes sur le marché du travail continue de dépendre beaucoup plus que celle des hommes du processus de constitution de la famille. La littérature sur les différences de taux d’activité des mères en fonction de leur niveau d’instruction repose en grande partie sur des comparaisons transversales. Cet article est l’un des premiers à décomposer ces écarts éducatifs en différences avant la première maternité d’une part, et effets de la fécondité sur l’emploi d’autre part. En exploitant des données longitudinales individuelles françaises, néerlandaises et hongroises (Generations and Gender Survey), cette étude analyse l’activité économique avec des modèles logits à effets combinés, en distinguant emploi à temps partiel et emploi à plein temps. On observe une nette augmentation des taux d’activité des mères de famille avec leur niveau d’instruction qui préexiste avant même la constitution de la famille. Les femmes avec un niveau d’instruction très élevé souhaitent souvent investir dans leur carrière avant de fonder une famille, et elles ont aussi accès, en général, à de meilleures opportunités d’emploi. Les interruptions d’activité après une naissance sont plus fréquentes parmi les femmes les plus instruites. Le travail à temps partiel des mères est moins fortement déterminé par leur activité avant la première naissance, et sa fréquence augmente avec le niveau d’instruction.

Comparaison des données rétrospectives de fécondité dans les recensements en Belgique et les enquêtes Famille en France

Sandra Brée, Thierry Eggerickx, Jean-Paul Sanderson, Rafael Costa
Les comportements de fécondité au cours de la première moitié du xxe siècle restent relativement méconnus, en raison notamment des législations interdisant l’exploitation de données individuelles vieilles de moins de 100 ans, ou de la pauvreté relative des données agrégées transversales. L’objectif de cet article est de vérifier s’il est possible de combler cette lacune en exploitant de manière rétrospective les questions posées sur la vie féconde des femmes lors des enquêtes Famille menées en France et des recensements de la population en Belgique. Les analyses ont démontré que les risques de biais liés aux erreurs de mémoire, aux effets de sélection et aux non-réponses, inhérents à ces observations rétrospectives, sont limités. La reconstitution de la vie génésique des différentes générations de femmes interrogées au moment de l’enquête ou du recensement offre donc un potentiel analytique important. Elle permet de calculer des indices plus fins et diversifiés de l’intensité et du calendrier de la fécondité pour des générations de femmes nées à partir des dernières décennies du xixe siècle. Cela permet par ailleurs de prendre en considération la dimension spatiale de la fécondité, à l’échelle des régions en France et à celle des arrondissements et même des communes en Belgique.

Faisabilité et représentativité d’une enquête téléphonique avec échantillonnage aléatoire de lignes mobiles en Côte d’Ivoire

Joseph Larmarange, Ouattara Kass oum, Élise Kakou, Yves Fradier, Lazare Sika, Christine Danel, le groupe DOD-CI ANRS 12 287
Cet article présente les résultats d’une enquête exploratoire pilote sur le dépistage du VIH/sida (DOD-CI) visant à tester la faisabilité et la représentativité d’une enquête nationale en population générale en Côte d’Ivoire à partir d’un échantillon aléatoire de numéros de téléphones portables. Les refus ont été peu nombreux et inférieurs à ce qui est habituellement observé dans des enquêtes similaires en France. En termes de représentativité, l’échantillon obtenu s’avère être plus jeune, plus urbain et plus masculin. Nous avons comparé quatre indicateurs de dépistage du VIH/sida avec l’Enquête démographique et de santé (EDS) réalisée en 2011-2012.
Du fait de biais de sélection différents dans les deux enquêtes, les indicateurs étaient plus élevés que ceux observés dans l’EDS 2011-2012. Cependant, les différentiels observés par sexe, groupe d’âges, niveau d’instruction et milieu de résidence étaient similaires. Il paraît dès lors envisageable de réaliser une enquête nationale en Côte d’Ivoire selon cette approche, en opérant plusieurs ajustements, dont la prise en compte des nonabonnés à des téléphones mobiles résidant dans le même ménage qu’un abonné.

Les erreurs de sexe dans le recensement et leurs effets sur l’estimation des couples de même sexe

Maks Banens, Eric Le Penven
L’étude des couples de même sexe est un nouvel enjeu pour la démographie. En France comme ailleurs, le recensement contient les données nécessaires à leur étude, mais une difficulté majeure rend difficile son emploi : le sexe mal codé ou « erreur de sexe » de l’un des partenaires d’un couple, faisant apparaître un couple hétérosexuel comme homosexuel ou inversement. Les couples hétérosexuels étant beaucoup plus nombreux que les couples homosexuels, les « faux » couples homosexuels perturbent de façon importante l’observation des « vrais » couples homosexuels. L’enquête Famille et logements (Insee, 2011), associée au recensement,
permet de mesurer l’erreur de sexe lors du recensement. Nous constatons que parmi les 139 700 couples apparaissant au recensement comme homosexuels, 58 900 s’avèrent des « faux » suite au sexe mal codé de l’un des partenaires. L’erreur concerne 0,355 % des couples hétérosexuels. Elle varie significativement en fonction du sexe de la personne recensée et des enfants présents dans le ménage. En revanche, aucune différence significative n’a été constatée selon d’autres caractéristiques sociodémographiques.