La contraception en France en 2010

Le paysage contraceptif en France a connu des évolutions notables au cours de la dernière décennie : la loi Aubry du 4 juillet 2001 a permis aux mineures de recourir au médecin de leur choix sans autorisation parentale ; elle a aussi légalisé la stérilisation à visée contraceptive. Par ailleurs, de nouvelles méthodes hormonales de contraception comme l'implant, le patch et l'anneau vaginal sont devenues disponibles ces dernières années.

L'enquête Fecond réalisée en 2010 par l'Inserm et l'Ined permet d'examiner les dernières tendances en matière de contraception, les méthodes utilisées selon l'âge des femmes et leur milieu social, et les pratiques des professionnels de santé.

contraceptive methods used in France in 2010 by women's age
La pilule reste aujourd'hui la méthode de contraception la plus utilisée en France avec une femme de 15-49 ans sur deux l'utilisant en 2010. La légère baisse observée à partir du début des années 2000 est globalement compensée par l'adoption des nouvelles méthodes hormonales, sauf chez les femmes de 20-24 ans. Quant au stérilet, son utilisation continue à diminuer légèrement tandis que l'utilisation du préservatif comme contraceptif progresse encore. Le recours aux autres méthodes, comme le retrait ou la méthode des températures, en baisse régulière depuis les années 70, s'est stabilisé depuis 2000. La stérilisation contraceptive continue quant à elle à ne concerner qu'une minorité de femmes. Enfin, les femmes qui n'utilisent pas de contraception du tout alors qu'elles ne souhaitent pas être enceintes, représentent aujourd'hui comme hier une petite minorité, environ 3 %.

Le modèle contraceptif français apparaît peu flexible, restant caractérisé par un recours important au préservatif en début de vie sexuelle, l'utilisation de la pilule dès que la vie sexuelle se régularise et le recours au stérilet quand les couples ont eu les enfants qu'ils désiraient.

En 2010, la pilule est la méthode la plus utilisée à tous les âges. Il n'y a que les femmes de plus de 45 ans qui lui préfèrent le stérilet. Cette dernière méthode est utilisée en moyenne par 21 % des femmes. Mais, sans changement depuis les années 1970, son recours reste réservé aux plus âgées ou à celles qui ont déjà eu des enfants. Le préservatif est utilisé par une majorité des femmes en début de vie sexuelle. La proportion de femmes y ayant recours décline au fil de l'âge.

Des inégalités sociales subsistent dans l'accès à la contraception : les femmes confrontées à une situation financière difficile, peu ou pas diplômées, n'utilisent aucune contraception plus fréquemment que les autres. Les ouvrières sont également 6,5 % dans ce cas contre seulement 1,6 % des femmes cadres.
Le « choix » d'une contraception varie également selon le milieu social et le suivi médical. Ainsi, les jeunes femmes de 20-24 ans qui connaissent une situation financière délicate et qui ne vivent plus chez leurs parents utilisent moins souvent la pilule que les autres (71 % contre 88 %). Le recours à la pilule peut représenter un budget important lorsque les femmes se voient prescrire des marques non remboursées, ce qui est le cas de 42 % d'entre elles aujourd'hui.

Mise à jour : 19 février 2014