Lire ce numéroS'abonner en ligneGénérations sacrifiées : le bilan démographique de la Grande Guerre

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François Héran

Population et Sociétés

N°510, avril 2014, 1,50 €. n° ISSN 0184 77 83

La guerre de 1914-1918 a marqué les mémoires par l'ampleur des pertes : 18 % au moins des incorporés de l'armée française furent tués, soit 1,5 million de morts. Reprenant les derniers travaux des historiens et des démographes sur les pertes militaires et civiles, l'auteur compare l'hécatombe de la Grande Guerre à une autre hécatombe, celle de la mortalité infantile, qui était alors du même ordre de grandeur.

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Résumé (cliquez sur +)

À l’issue de la Grande Guerre, la génération des hommes née en 1894, ou « classe 1914 », était âgée de 25 ans. Elle avait perdu la moitié de ses effectifs, sous l’effet de deux hécatombes de même ampleur : la mortalité infantile et juvénile d’abord, la mortalité de guerre ensuite.
Son espérance de vie, déjà très basse en temps de paix (48 ans), fut écourtée de 11 ans. Les pertes des autres générations se répartirent selon l’âge à la mobilisation et
la durée d’exposition. Le conflit laissa un demi-million de jeunes veuves de guerre (moins de 45 ans), avec un million d’orphelins. Plus d’un million de naissances ne furent
jamais rattrapées, si bien que la France devint en 1939 le pays le plus âgé au monde, avant que le baby-boom ne change la donne.
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Sommaire (cliquez sur +)

  • La double hécatombe
  • Des « classes » inégalement éprouvées
  • Une espérance de vie réduite de 11 ans
  • Des effets à long terme