Le corps noir de la République. De l’esclave au député (1789-1946).

le Lundi 19 Janvier 2026 à l’Ined de 11h30 à 12h30, en présentiel en salle Sauvy & en visioconférence via ZOOM

Le corps noir de la République. De l’esclave au député (1789-1946).

Intervenante : Delphine Gardey (professeure à l’institut des études genre, faculté des sciences de la société à l’université de Genève) ; discutante : Marine Haddad (chercheuse Unité de recherche MIM (Migrations Internationales et Minorités)

En 1789, la France inaugure le cycle démocratique avec la déclaration des droits de l’homme, la citoyenneté et l’invention d’une souveraineté populaire qui prend la forme d’une assemblée nationale. Les femmes ne participent pas au festin démocratique. Citoyenneté et députation demeurent des privilèges masculins jusqu’en 1944 et 1945. Mais qu’en est-il des hommes des territoires colonisés ? Comment faire République quand on est un Empire ? Les colonies doivent-elles (ou non) être représentées à Paris et soumises à la loi commune ? Qui est digne d’incarner la souveraineté populaire, de siéger à la Chambre des Députés ou au Sénat, et de légiférer ? Quant aux droits obtenus aux Antilles à l’issue des deux actes d’abolition de l’esclavage (1794 et 1848), veut-on les étendre aux nouveaux sujets (Algériens, Indochinois, Africains de l’Ouest et de l’Est) d’un empire colonial en pleine expansion au moment de l’apogée républicaine et parlementaire que constitue la IIIe République (1870-1939) ?

L’intervention esquissera les caractéristiques oubliées et méconnues de la représentation parlementaire française dans le long terme de son histoire. A l’articulation des rapports coloniaux, de race et de genre, il s’agira de redonner à voir quelques trajectoires exceptionnelles (de Belley à Césaire, en passant par une série d’inconnu-es) et les marges d’autonomie définies par certain-es de ces acteurs-ices pour promouvoir et soutenir les droits de ceux et celles dont ils (et finalement elles) étaient les représentant-es.

Biographie de Delphine Gardey :

Delphine Gardey est professeure en histoire contemporaine et de sociologie à l’institut des études de genre de l’Université de Genève avec une spécialisation sur l’histoire des sciences et techniques abordée sous un angle féministe. Delphine Gardey a développé par ailleurs une ligne de recherche proposant une histoire des parlements comme infrastructures matérielles et genrées, interrogeant les conditions d’émergence et de vie des institutions législatives et s’intéressant aux paradoxes de l’universalisme républicain autant au point de vue du genre, que, désormais, de la colonialité.

Publications en ligne et accès plein texte : 
https://www.unige.ch/etudes-genre/equipe/delphinegardey/publications