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Population 2011, n° 2
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Population 2011, n° 2

2011

N° ISBN 978-2-7332-3110-4

20,00 €

ARTICLES

  • La fécondité des deuxièmes unions en France : âges des conjoints et autres facteurs - Eva Beaujouan
  • Genre et migration : l’entrée dans la sexualité des migrants d’Afrique subsaharienne en France - Elise Marsicano, Nathalie Lydié, Nathalie Bajos
  • Les orientations intimes des premier.e.s pacsé.e.s - Wilfried Rault, le groupe CSF
  • Mobilité socioprofessionnelle et mortalité en France. Des liens qui se confirment pour les hommes et qui s’affirment pour les femmes - Emmanuelle Cambois, Caroline Laborde
  • Intentions de fécondité et obstacles à leur réalisation en France et en Italie - Arnaud Régnier-Loilier, Daniele Vignoli

NOTE DE RECHERCHE

Avoir un deuxième enfant en Italie : de l’intention à la réalisation - Francesca Rinesi, Antonella Pinnelli, Sabrina Prati, Cinzia Castagnaro, Claudia Iaccarino

BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE

Mobilité résidentielle et ségrégation urbaine

La fécondité des deuxièmes unions en France : âges des conjoints et autres facteurs

Eva Beaujouan

En France comme dans le reste de l’Europe, les trajectoires familiales se sont diversifiées. Comment la descendance se forme-t-elle dans des trajectoires conjugales plus complexes, et notamment comment les mécanismes de fécondité se déclinent-ils chez les hommes et les femmes lorsqu’ils vivent avec un deuxième conjoint ? Cet article apporte des éléments de réponse en utilisant les données de l’enquête Études des relations familiales et intergénérationnelles (Erfi, Ined-Insee, 2005), version française de la Generation and Gender Survey (GGS). Alors que les naissances dans les familles recomposées sont étudiées de façon extensive en Europe, peu d’attention est portée sur la différence de contraintes auxquelles sont confrontés les hommes et les femmes qui reforment un couple. Plus particulièrement, l’âge de la femme lors de la remise en couple explique les différences brutes de proportions de naissances dans la nouvelle union entre hommes et pères, et entre femmes et mères. Une fois pris en compte l’âge de la femme, on remarque également que les risques de naissance dans la deuxième union sont les plus faibles lorsque les deux conjoints ont déjà des enfants. Cependant, par rapport à un couple sans enfant, les enfants d’un seul des conjoints ne diminuent pas significativement le risque d’avoir des enfants.

Genre et migration : l’entrée dans la sexualité des migrants d’Afrique subsaharienne en France

Elise Marsicano, Nathalie Lydié, Nathalie Bajos

Cet article analyse la recomposition des rapports de genre en contexte migratoire à travers un prisme particulier : l’entrée dans la sexualité de personnes arrivant d’Afrique subsaharienne en France, à partir d’une enquête menée en 2005 auprès de 1 874 migrants d’Afrique subsaharienne en Île-de-France. Il s’agit de mettre à jour l’impact des trajectoires migratoires des femmes et des hommes sur leurs premières expériences sexuelles ainsi que les éventuelles transformations des relations de domination dans la sexualité après la migration. La construction de profils migratoires permet d’opérer une distinction entre contexte de socialisation pendant l’enfance et l’adolescence et contexte dans lequel s’est déroulé le premier rapport sexuel. Si les capitaux socioculturels jouent toujours un rôle déterminant s’agissant des calendriers d’entrée dans la sexualité, l’influence des socialisations scolaire et religieuse diffère selon le contexte d’entrée dans la sexualité, de manière différente pour les femmes et les hommes. En outre, pour les personnes qui ont débuté leur vie sexuelle avant de migrer, les écarts d’âge entre partenaires ainsi que la fréquence des premiers rapports forcés, notamment pour les femmes, témoignent de contextes relationnels particulièrement inégalitaires. À l’inverse, le fait d’avoir migré pendant l’enfance dessine des conditions d’entrée dans la sexualité sensiblement moins inégalitaires, proches de celles des personnes nées en France.

Les orientations intimes des premier.e.s pacsé.e.s

Wilfried Rault, le groupe CSF

Incarnant la reconnaissance du couple de même sexe dans des termes différents du mariage, le Pacte civil de solidarité (pacs) est, depuis sa création en 1999, de plus en plus souvent choisi par des couples de sexe différent. Si les transformations contemporaines des formes d’union et les changements dans le domaine de la sexualité sont souvent étudiés séparément, cet article rompt avec cette dissociation pour interroger l’hypothèse selon laquelle les contractant.e.s du pacs donnent à voir des attitudes et des comportements vis-à-vis de la sexualité qui font écho à la diversification normative constatée par le groupe Contexte de la sexualité en France (CSF). On étudie, à partir de l’enquête CSF réalisée par l’Inserm et l’Ined en 2005-2006 auprès de 12 364 personnes, le rapport des pacsé.e.s aux trois principales composantes du socle normatif dominant en matière de sexualité : l’hétérosexualité, les modalités de l’intrication de la conjugalité et de la sexualité et la valorisation de pratiques « alternatives ». Les pacsé.e.s sont comparés à d’autres profils d’union. En définitive, les usagers de la nouvelle forme d’union se caractérisent par des spécificités qui tiennent davantage à des représentations plus libérales de la sexualité qu’à des différences en termes de pratiques. Ces spécificités ne doivent pas dissimuler d’importants clivages par sexe, même si hommes et femmes sont parfois relativement plus proches dans le groupe des pacsé.e.s.

Mobilité socioprofessionnelle et mortalité en France. Des liens qui se confirment pour les hommes et qui s’affirment pour les femmes

Emmanuelle Cambois, Caroline Laborde

Les inégalités de mortalité entre les professions et catégories socioprofessionnelles françaises (PCS) sont importantes et en augmentation. Mais il existe aussi de larges inégalités de mortalité au sein des PCS selon la nature des carrières passées. Les transformations du marché du travail et des parcours professionnels dans les dernières décennies, notamment pour les femmes, modifient la composition des PCS et leur niveau moyen de mortalité. Cet article analyse l’évolution des inégalités de mortalité entre les PCS à travers l’étude des mobilités professionnelles et de la mortalité associée, en utilisant les données de l’Échantillon démographique permanent (EDP), un échantillon suivi et représentatif de la population française à différentes dates. L’étude de la mortalité en 1975 (EDP75) et en 1999 (EDP99), selon les PCS et les mobilités professionnelles passées, montre que la mortalité a baissé pour toutes les PCS mais de façon différente, aboutissant à un léger creusement des écarts pour les deux sexes. Au sein des PCS, les écarts selon les mobilités passées sont renforcés dans l’EDP99 pour les hommes et se généralisent pour les femmes. La modification de la composition des PCS et l’évolution de la surmortalité associée à certaines mobilités a contribué à cette augmentation des inégalités entre PCS. Interpréter l’évolution des inégalités de mortalité à la lumière des changements sociodémographiques s’avère donc particulièrement important.

Intentions de fécondité et obstacles à leur réalisation en France et en Italie

Arnaud Régnier-Loilier, Daniele Vignoli

Cet article confronte intentions de fécondité et réalisation en France (2005-2008) et en Italie (2003-2007), pays où les modèles de fécondité sont contrastés, en s’appuyant sur des données comparables issues du programme d’enquête longitudinale Generations and Gender Survey (GGS). Quatre principaux résultats ressortent. Le fort pouvoir prédictif des intentions négatives de fécondité et, à l’inverse, le fait que les intentions positives surestiment les comportements sont d’abord mis en évidence. La comparaison met ensuite en lumière une différence importante : la proportion de couples réalisant leurs intentions positives de fécondité est systématiquement plus élevée en France et, lorsqu’ils n’avaient pas l’intention d’avoir un enfant, la proportion de ceux en ayant eu un est également supérieure. Outre l’effet classique de l’âge et du nombre d’enfants, les facteurs socioéconomiques jouent un rôle important, les situations moins favorables apparaissant comme un obstacle à la réalisation des intentions. Les déterminants des intentions ne sont cependant pas tous identiques et il n’existe pas un unique modèle transposable d’un pays à l’autre : le rôle du contexte reste central. Enfin, lorsque les couples n’ont pas réalisé leurs intentions, certains ont reporté leur projet tandis que d’autres y ont renoncé. Les déterminants sont cependant différents selon le pays considéré. La distinction entre renoncement et ajournement, rarement faite dans les études, s’avère de ce point de vue intéressante.

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Avoir un deuxième enfant en Italie : de l’intention à la réalisation

Francesca Rinesi, Antonella Pinnelli, Sabrina Prati, Cinzia Castagnaro, Claudia Iaccarino

En Italie, l’indice synthétique de fécondité est largement au-dessous du niveau de remplacement des générations, mais la plupart des femmes envisagent toujours d’avoir deux enfants. Il y a donc un décalage entre les intentions de fécondité et les comportements observés. Les auteures cherchent à évaluer, au niveau individuel, le degré de concordance entre les intentions de fécondité des mères d’un enfant et leur fécondité ultérieure, et à mettre en évidence quelles caractéristiques affectent à la fois les intentions positives de fécondité et leur réalisation à court terme. Cette analyse est élaborée à partir d’une base de données ad hoc construite en reliant l’édition 2002 de l’Enquête par sondage sur les naissances (où étaient recueillies les intentions de fécondité des mères) aux naissances vivantes inscrites dans le Registre de la population entre 2002 et 2008. Les résultats montrent que les intentions de fécondité des mères d’un enfant ont une influence déterminante sur leur comportement reproductif futur. Les hypothèses de l’influence du statut socioéconomique de ces femmes et de la charge des tâches ménagères sur leur intention d’avoir un autre enfant et la réalisation de ce projet ont été testées : les auteures constatent que le statut socioéconomique affecte moins les intentions positives de fécondité que leur réalisation, et que la charge de travail domestique ne paraît pas avoir d’effet significatif.