Vivre en famille élargie : pourquoi la pratique est-elle si courante en Polynésie française ?

Communiqué Publié le 27 Novembre 2023

Auteures : Leïla Fardeau (Institut national d’études démographiques) et Éva Lelièvre (Institut national d’études démographiques)

Dans l’Hexagone, il est peu courant de vivre sous le même toit avec ses parents et ses enfants ou avec ses frères et sœurs à l’âge adulte. Ces ménages dits « complexes » sont en revanche très fréquents en Polynésie française. En 2017, on y dénombre plus d’un quart de ménages complexes, soit 6,5 fois plus qu’en métropole. Leïla Fardeau et Éva Lelièvre décrivent leur composition et leurs caractéristiques socio-démographiques.

Si l’urbanisation et le développement économique en Polynésie française ont contribué dans un premier temps à la nucléarisation des ménages, ils n’ont pas pour autant effacé les nombreuses obligations qui découlent des liens de parenté, parmi lesquelles l’hospitalité joue un rôle central. Aussi, la part des ménages complexes stagne depuis 1996 et a même légèrement augmenté entre 2007 et 2017.

En 2017, quatre personnes sur dix (41 %) vivaient dans des ménages complexes, et ces derniers représentaient un quart des ménages contre 4 % dans l’Hexagone la même année. À l’inverse, le fait de vivre seul·e demeure relativement rare. Les ménages de personnes seules constituaient 15 % des ménages polynésiens contre 36 % dans l’Hexagone. 

Quelle est la composition des ménages complexes ? 

Ces ménages hébergent des jeunes adultes et des personnes dont la situation économique est fragile en raison de leur niveau d’éducation (en moyenne plus faible) et de leur situation professionnelle (risque de chômage plus élevé).

Ces modes de cohabitation atténuent les conséquences de la précarité économique en termes de logement. Il apparait ainsi que les personnes seules sont plus nombreuses à occuper des habitations de fortune et des logements très précaires. 

Néanmoins, la corésidence en famille élargie présente d’autres risques. La présence de plusieurs noyaux familiaux dans un logement inadapté peut par exemple entraîner sa suroccupation, surtout en zone urbaine où les logements sont plus petits et où 50 % de la population de Polynésie réside désormais.

Sources : Cette étude s’appuie sur les données du recensement polynésien de 2017, réalisé par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) avec l’appui de l’Institut statistique de Polynésie française.

 

Date de publication : 29/11/2023