La prise en charge des avortantes, une approche régressive

le Lundi 14 Mai 2018 à l’Ined, salle Sauvy de 11h30 à 12h30

Présenté par : Marie Mathieu (Université Paris 8, CNRS, UMR 7217– Cresppa- CSU/IRÉF-UQÀM) et Lucile Ruault (Université de Lille, CNRS, UMR 8026 – CERAPS) ; Discutante: Hélène Bretin (Université Paris 13- UMR 8156 - U997- IRIS)

Cette communication s’appuie sur deux recherches doctorales : l’une sur la construction sociale de l’expérience contemporaine de l’avortement en France et au Québec, l’autre sur la redéfinition de l’encadrement des corps procréateurs de femmes, entre univers médico-sanitaire et féminisme, à partir des luttes pour l’avortement en France de 1972 à 1984. À travers la mise en dialogue de résultats en terrains français, il s’agira d’examiner les modalités de la prise en charge de l’acte et des avortantes aujourd’hui, et de comprendre comment elles s’inscrivent dans la continuité de processus engagés dans les mobilisations pour l’avortement libre et gratuit : dans quelle mesure les principes organisateurs des dispositifs d’IVG trouvent-ils leurs origines dans la séquence militante ? La réunion des enquêtes menées sur des séquences temporelles distinctes révèle en effet les mécanismes à l’œuvre dans la normalisation institutionnelle de l’acte et sa médicalisation, notamment comment les pratiques militantes ont participé du gouvernement contemporain des corps dans l’institution médicale. Nous explorerons en particulier l’ordonnancement des parcours, les lieux de la prise en charge, le statut des « avorteurs/ses », la place des techniques à différents stades, ou encore le rôle réservé à l’entourage (entendu au sens large).

Marie Mathieu

Marie Mathieu est docteure en sociologie, rattachée au Cresppa-CSU. Elle a réalisé une thèse en cotutelle franco-québécoise sur la construction sociale de l’expérience contemporaine d’avortement à Paris et Montréal, sous la direction de Michèle Ferrand et Francine Descarries. Coordinatrice de l’atelier Genre, Normes procréatives et Parentalité (GNP) de 2012 à 2015, elle a récemment coordonné avec Lucile Ruault le dossier « Le travail procréatif. Contrôle de la fécondité, engendrement et parentalité » de la revue Recherches sociologiques et anthropologiques. Actuellement assistante à la coordination de la 8èmeédition du Congrès international des recherches féministes dans la francophonie, elle est aussi vice-présidente de l’association Efigies qui travaille aujourd’hui à l’analyse de l’enquête par questionnaire « Parentalité et jeune recherche », initiée en 2016.

 

Lucile Ruault

Lucile Ruault est docteure en sociologie politique et chercheuse au CERAPS (Univ. Lille, CNRS, UMR 8026). La thèse qu’elle vient d’achever traite de la médicalisation de l’avortement et des résistances à ce processus par des mobilisations de femmes, à partir d’une analyse de l’histoire de groupes MLAC et de collectifs de self-help en France dans les années 1970-80. Dans le cadre de l’ANR "Sombrero", elle a par ailleurs travaillé sur les espaces militants, en particulier féministes, de l’agglomération lilloise dans les années 68.