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« Petites bonnes» d’Abidjan. Sociologie des filles en service domestique.

2012, 216 pages

Papier

0,00 €

CHAPITRE 1 - Importance et occultation du travail féminin à Abidjan

1. Intensité du travail féminin dans la vie marchande à Abidjan
2. Des travailleuses si (in)visibles. Les femmes dans "l’informel"
3. Une énigme démographique


CHAPITRE 2 - La circulation des enfants en Côte-d’Ivoire

1. Des pratiques anciennes en mutation
2. Évolutions du phénomène dans la société contemporaine
3. Le phénomène des petites domestiques d’Abidjan aujourd’hui


CHAPITRE 3 - La production du service domestique juvénile à Abidjan :

sociologie historique d’un marché
1. D’une économie familiale à la constitution d’un marché spécifique
2. Économie abidjanaise des petites domestiques : structure et modalités de l’offre
3. La demande de service domestique juvénile


CHAPITRE 4 - Le service domestique juvénile : une exploration des pratiques

1. Le travail domestique
2. La biographie exemplaire d’Assana
3. Le modèle de la parenté, une idylle domestique


CHAPITRE 5 - De logiques "familiales" d’apprentissage à des logiques d’extorsion de travail
1. Des logiques de parenté dominantes, les "petites nièces"...
2. ... Aux logiques d’extorsion de travail dominantes : les petites bonnes


CHAPITRE 6
- Le point de vue des enfants, leurs droits, leur défense

1. Donner la parole aux petites domestiques
2. Réglementations officielles, règles informelles, applications
3. Quelques questions d’application

De l’aube à tard dans la nuit, les commerçantes abidjanaises vendent toutes sortes de marchandises partout où elles trouvent, dans la ville, un interstice permettant un négoce. Ces femmes, qui ne reçoivent pas de salaire horaire, doivent investir du temps dans leur commerce jusqu’à la limite de leur force. Il leur est impossible d’assumer seules à la fois leur activité économique et les tâches domestiques. C’est pourquoi, dans l’ombre de la commerçante visible, existe une main-d’oeuvre la moins coûteuse possible, composée de fillettes et de très jeunes filles, le plus souvent des migrantes d’origine rurale.
Or, le travail de cette main-d’oeuvre juvénile, bien qu’il soit déjà ancien en Côte d’Ivoire, était jusque-là absent des descriptions scientifiques. Pour la première fois, cet ouvrage en retrace l’histoire et met à jour les transformations récentes du travail domestique juvénile.
En effet, l’une des conséquences de la crise économique, qui sévit depuis les années 1980, a été la constitution d’un marché spécifique de placement des "petites bonnes". L’ouvrage en décrit les structures d’organisation et d’évolution, et il rend compte de la diversité des statuts de ces jeunes travailleuses, de la "petite nièce"à la "petite bonne" et à l’"enfant louée". Enfin, l’exploration des pratiques et des rapports de travail entre les « patronnes » et les « filles», faite à partir d’entretiens et d’observations ethnographiques, montre comment les rhétoriques familiales masquent des rapports sociaux de domination particulièrement durs.Selon l’Organisation internationale du travail (2004), il y aurait « 10 millions d’enfants bons à tout faire. Le travail domestique est le premier employeur des jeunes filles dans le monde ». Ce livre s’adresse à tous ceux - chercheurs, étudiants, institutions, ONG - qui s’intéressent au « travail des enfants » et souhaitent soutenir la cause des enfants travailleurs.
La thèse à l’origine de ce livre a obtenu, en 2010, le prix Etudes de genre de la Ville de Paris.