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Population 2019, n° 1-2
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Population 2019, n° 1-2

2019

Papier

n° ISBN 9782733220368

20,00 €

Consacré à l’Étude Épic, grande enquête française sur la formation des couples

Introduction
Wilfried Rault, Arnaud Régnier-Loilier

Étudier les parcours individuels et conjugaux en France. Enjeux scientifiques et choix méthodologiques de l’enquête Épic
Wilfried Rault, Arnaud Régnier-Loilier

De la tradition à la personnalisation : redéfinition des normes du mariage en France de 1960 à nos jours

Florence Maillochon

Nouvelle vie de couple, nouvelle vie commune ? Processus de remise en couple après une séparation
Arnaud Régnier-Loilier

La vie hors couple, une vie hors norme ? Expériences du célibat dans la France contemporaine

Marie Bergström, Françoise Courtel, Géraldine Vivier

Homogames un jour, homogames toujours ? Rencontre pendant les études et proximité de diplôme et de carrière au sein des couples en France

Milan Bouchet-Valat, Sébastien Grobon

Vivre en couple pour la deuxième fois

Vianney Costemalle

Homosexualité, bisexualité : Les apports de l’enquête Étude des parcours individuels et conjugaux

Wilfried Rault, Camille Lambert

Étudier les parcours individuels et conjugaux en France. Enjeux scientifiques et choix méthodologiques de l’enquête Épic
Wilfried Rault, Arnaud Régnier-Loilier

Pourquoi et comment réaliser une nouvelle enquête sur la formation des couples en France au début du xxie siècle ? Cet article présente les principaux fondements de l’Étude des parcours individuels et conjugaux (Épic, Ined-Insee, 2013-2014), troisième enquête française sur la formation des couples après Le choix du conjoint (Ined, 1959) et La formation des couples (Ined, 1983-1984). Plusieurs objectifs ont guidé sa réalisation : saisir la diversité des formes de la conjugalité à partir d’une définition plus ouverte du couple, rendre compte des trajectoires individuelles et conjugales grâce à un questionnement rétrospectif, étudier le fait de ne pas être en couple ou encore mettre au jour le caractère processuel de la séparation. Cette enquête aborde également
des phénomènes intervenus depuis trois décennies : la création du pacs, la reconnaissance des unions de même sexe, l’essor des rencontres en ligne, etc. L’article revient ensuite sur la « fabrique » de l’enquête, des choix méthodologiques (champ, dimensionnement de l’échantillon, mode de passation) à la mise en œuvre pratique de la collecte sur le terrain (nombre d’enquêteurs, taux de participation, représentativité).

De la tradition à la personnalisation : redéfinition des normes du mariage en France de 1960 à nos jours

Florence Maillochon

Le mariage a subi d’importantes transformations en France depuis les années 1960. Dans quelle mesure ces évolutions ont-elles modifié les modes de célébration des noces ? L’enquête La formation des couples (FC, Ined, 1983-1984) avait montré une simplification des rituels entre les années 1960 et 1980. Trente ans plus tard, l’Étude des parcours individuels et conjugaux (Épic, Ined-Insee, 2013-2014) permet de compléter le tableau. Si les traditions entourant l’institution matrimoniale (cérémonie religieuse, fiançailles, etc.) ont beaucoup décliné, celles régissant certaines dimensions ostentatoires des noces (robe de mariée, grand nombre d’invités, etc.) se maintiennent avec force. Dans le même temps, de nouvelles « traditions » prénuptiales ont été importées ou inventées (demande en mariage, enterrement de vie de célibataire) et s’institutionnalisent rapidement. Dans une société individualiste, où chaque mariage doit être personnalisé, les noces continuent pourtant d’obéir à des figures sociales imposées. La norme du faste et de l’apparat s’impose largement, y compris pour les couples avec enfants ou se remariant, qui convolaient jusqu’alors plutôt discrètement. La diminution des mariages et le développement de nouvelles formes de conjugalité ont eu raison du couple traditionnel, mais pas des rituels traditionnels, au contraire. Les cérémonies du mariage contemporain demeurent ainsi un puissant rappel à l’ordre genré.

Nouvelle vie de couple, nouvelle vie commune ? Processus de remise en couple après une séparation
Arnaud Régnier-Loilier

La conjugalité a connu de nombreuses évolutions en France. On assiste, d’une part, à une diversification des formes d’unions (mariage, cohabitation hors mariage, pacs, relations non cohabitantes) et, d’autre part, à la discontinuité des parcours amoureux, marqués par des séparations et remises en couple plus fréquentes. Partant de ce double constat, cet article étudie le lien entre l’histoire conjugale passée et la forme, cohabitation ou non, que prend l’union suivante. La plupart des études sur la remise en couple l’abordent sous le seul prisme de la vie commune, occultant la conjugalité non cohabitante comme forme d’union à part entière et laissant dans l’ombre le processus de remise en couple, plus ou moins long selon les caractéristiques de l’union précédente. Les données de l’enquête Étude des parcours individuels et conjugaux (Épic, Ined-Insee 2013-2014) retracent l’histoire conjugale des répondants en distinguant les périodes de non-cohabitation des périodes cohabitantes. En utilisant des fonctions de survie et des modèles de durée, certains freins à l’emménagement sous le même toit sont identifiés, en particulier pour les femmes, comme la présence d’enfants à charge, le fait d’avoir été marié ou d’avoir vécu une séparation conflictuelle. Un âge avancé à la remise en couple réduit par ailleurs la probabilité de vivre ensemble.

La vie hors couple, une vie hors norme ? Expériences du célibat dans la France contemporaine

Marie Bergström, Françoise Courtel, Géraldine Vivier
Depuis les années 1970, avec le recul de l’âge à la mise en couple et, plus encore, l’augmentation des séparations, les périodes de vie « hors couple » jalonnent de plus en plus les trajectoires des hommes et des femmes, au début de la vie adulte, d’abord, puis au fil du parcours affectif. En abordant ces épisodes de célibat dans une perspective biographique, et en s’intéressant à leur vécu subjectif, cet article met au jour des expériences contrastées selon l’âge, le sexe et le milieu social. La vie célibataire paraît plus pesante aux jeunes trentenaires, alors que les femmes de milieux modestes disent y gagner une indépendance appréciée, malgré les difficultés matérielles. Au-delà de cette diversité, le contexte français reste marqué par un niveau de conjugalité élevé – le célibat définitif est rare – et par une norme de vie à deux très prégnante, dont la pression s’exerce sur toutes et tous. L’analyse croisée de matériaux quantitatifs et qualitatifs tirés de l’enquête Étude des parcours individuels et conjugaux (Épic, Ined-Insee, 2013-2014, France) montre que les séparations et la diversification des manières de faire couple s’accompagnent d’un renforcement, et non d’un affaiblissement, de la norme conjugale.

Homogames un jour, homogames toujours ? Rencontre pendant les études et proximité de diplôme et de carrière au sein des couples en France

Milan Bouchet-Valat, Sébastien Grobon
Cet article analyse, à partir de l’enquête Étude des parcours individuels et conjugaux (Épic, Ined-Insee, 2013-2014) réalisée en France, le lien entre le cadre de rencontre des conjoints, leurs diplômes et leurs carrières professionnelles. Il remet en cause la thèse selon laquelle l’allongement des études renforcerait leur proximité éducative et socio-économique, aggravant ainsi les inégalités entre couples dans l’ensemble de la population. Au fil des cohortes, la proportion de premières rencontres survenues dans le cadre des études ou pendant ces dernières s’est accrue, mais les séparations et remises en couple atténuent fortement les conséquences de cette évolution pour les relations en cours au moment de l’enquête. Les couples formés dans le cadre des études se caractérisent, comme on pouvait l’attendre, par une plus forte similarité des diplômes des conjoints. Cette homogamie éducative favorise une homogamie de statut professionnel, au début de la relation, comme à la date de l’enquête, mais ce lien est assez faible. Et le fait de s’être rencontrés dans le cadre des études ne joue que de façon très limitée sur la proximité des positions professionnelles des conjoints. Les inégalités genrées (hypergamie) apparaissent finalement plus fortes que l’homogamie : ce n’est pas lorsqu’ils ont le même diplôme, mais lorsque la femme est la plus diplômée, que l’écart professionnel en faveur de l’homme est le plus faible.

Vivre en couple pour la deuxième fois

Vianney Costemalle
Depuis le début des années 1950, les trajectoires conjugales et familiales se diversifient du fait, notamment, de l’augmentation des divorces et des séparations. Les études portant spécifiquement sur les deuxièmes unions sont pourtant rares. À partir de l’Étude des parcours individuels et conjugaux (Épic, Ined-Insee, 2013-2014), menée en France métropolitaine, cette note esquisse un portrait de ces nouveaux couples. On compare d’abord les caractéristiques du premier et du deuxième conjoint. La plupart du temps, ce dernier est plus jeune que le premier, appartient à une autre catégorie sociale et a déjà vécu en couple précédemment. On analyse ensuite la stabilité de la deuxième union, en particulier en lien avec le passé familial des enquêtés et de leurs nouveaux conjoints. Lorsque les deux conjoints sont déjà parents chacun de leur côté, la deuxième union présente un risque de rupture plus important, et une moindre probabilité de donner naissance à d’autres enfants.

Homosexualité, bisexualité : Les apports de l’enquête Étude des parcours individuels et conjugaux

Wilfried Rault, Camille Lambert
Cet article examine dans quelle mesure déclarer vivre en couple de même sexe et avoir des partenaires sexuels du même sexe que soi a évolué entre 2005, date de la dernière enquête sur les comportements sexuels en France, et 2014. L’exploitation de l’enquête Étude des parcours individuels et conjugaux (Épic, Ined-Insee, 2013-2014) confirme l’augmentation de ces déclarations, également observée dans d’autres pays. Les hommes sont relativement plus nombreux à déclarer être en couple de même sexe que les femmes. Ces dernières, en revanche, déclarent désormais plus souvent que les hommes avoir déjà eu un rapport homosexuel. En dépit d’un contexte a priori moins hostile à l’homosexualité, du fait notamment de sa  reconnaissance officielle via l’accès des couples de même sexe au mariage, la déclaration de l’homo-bisexualité demeure liée à un certain niveau de ressources sociales. Les trajectoires des personnes homo-bisexuelles sont hétérogènes et présentent, en moyenne, des caractéristiques distinctes de celles des personnes hétérosexuelles, témoignant d’un rapport à la sexualité et à la conjugalité différent.https://www.ined.fr/fichier/rte/41/raultNouveau dossier/Rault_Regnier-Loilier.pdf