Dynamique des territoires et reconfiguration des solidarités publiques et privées

Ce troisième axe porte sur l’articulation entre les formes de solidarités, publiques et privées, et les dynamiques territoriales, avec une interrogation forte sur la question des inégalités qui en résultent et des rapports de pouvoirs qui en émergent. Notre hypothèse consiste à dire que les formes de l’action publique et les solidarités familiales s’ancrent, se déploient et évoluent dans des territoires hétérogènes et mouvants qui les façonnent en même temps qu’ils sont façonnés par elles. Il s’agit plus précisément d’étudier à la fois comment l’action publique tient compte des spécificités territoriales pour répondre aux besoins des populations et comment les populations (les individus et les familles) se réapproprient ces espaces, en mettant l’accent sur les mobilités individuelles, familiales, politiques et territoriales. L’objet de cet axe est aussi de rendre compte et de questionner le territoire dans toute sa complexité, à la fois comme découpage administratif, comme espace étatique et comme espace socialisé, approprié par les habitants (Baud, Bourgeat et Bras, 1995), mais aussi comme espace de pouvoir, comme une « aire dominée par ce contrôle territorial et les limites qui la ceignent, qui font d'une portion d'espace un territoire » (Le Berre in Bailly, Ferras, Pumain, 1995). Dans cette optique, cet axe s’appuie sur des travaux empiriques dans des territoires divers : rural/urbain/insulaire, de taille variable, implantés dans des contextes sociaux et politiques différents (avec notamment une ouverture à la comparaison internationale) pour permettre de réfléchir aux catégorisations de l’action publique, en particulier celle des territoires pertinents de cette dernière mais aussi à la façon dont ces derniers sont perçus et réappropriés par les populations. D’un point de vue méthodologique, il s’agit d’articuler des approches qualitatives et quantitatives, en privilégiant une approche multi-scalaire, permettant de caractériser ces territoires, en mettant en évidence leur variété (territoire de la famille, territoire du groupe, territoire de la nation), de rendre compte de leurs dynamiques (avec un intérêt marqué pour les biographies territoriales) et d’analyser en quoi ils sont porteurs d’inégalités ou de rapports de pouvoirs. Cet axe se donne plus généralement pour ambition de rendre compte des transformations contemporaines des formes de solidarité en lien avec leur ancrage territorial. Il s’agira de comprendre comment famille et politiques s’inscrivent dans un territoire donné (historiquement, géographiquement, etc.) mais aussi comment ils le transcendent pour en faire un « nouveau ».
1. Catégoriser les territoires et l’action publique
2. Inégalités et territoires ou Justice sociale, justice spatiale
3. Inégalités, territoire et action publique : approche dynamique