Les hommes ont des enfants plus tard que les femmes

La démographie a une longue tradition d’analyser l’âge des femmes à la naissance de leurs enfants, tandis que l’âge des pères est moins souvent utilisé. La comparaison des deux fait apparaitre des différences d’âge dans les comportements de fécondité, fortement liées aux normes de conjugalité. L’article de conjoncture démographique de la revue Population fait le point sur ces données.

L’âge augmente pour les mères comme pour les pères

En France en 2013, l’âge moyen (calculé à partir des taux de fécondité par âge) à la naissance des enfants était de 30,2 ans pour les femmes et de 33,1 ans pour les hommes, mais ces chiffres ont varié au cours du temps. À la fin des années 1940, ces âges étaient respectivement de 28,4 ans et 31,7 ans. L’âge moyen à la naissance des enfants avait baissé dans les années 1970 : il était de 26,5 ans pour les femmes et 29,5 ans pour les hommes. Les âges où la fécondité est la plus forte évoluent au fil des générations. En 2013, c’est à 30 ans que la fécondité des femmes était la plus élevée, alors qu’en 1966, le taux maximum de fécondité s’observait à 23 ans.

Taux de fécondité par âge des femmes et des hommes en 1946, 1966, 1986, 2006 et 2013 (naissances pour 1 000 personnes)

L’écart d’âge se maintient entre pères et mères, comme entre conjoints

L’écart d’âge moyen à la maternité et à la paternité est resté stable depuis 1946 : environ 3 ans. Il correspond à l’écart d’âge entre conjoints : en moyenne dans les couples de sexe différent les hommes sont plus âgés que leur compagne, même s’il tend à se réduire, il reste supérieur à 2 ans, et est plus élevé au sein des couples mariés que pacsés.

Nombre total d’enfants : une différence entre femmes et hommes

La dernière enquête Famille et logements réalisée en 2011, permet d’estimer la proportion de personnes qui, à l’âge de 50 ans, n’ont eu aucun enfant. C’est le cas de 13,5 % des femmes nées entre 1961 et 1965, et de 20,6 % des hommes de la même génération. Cette situation concerne plus souvent les femmes très diplômées, les hommes peu diplômés et les personnes n’ayant jamais vécu en couple. Les hommes moins diplômés étaient plus souvent exclus du marché du travail alors que pour les femmes, les plus diplômées étaient plus souvent sans conjoint. Cette tendance s’inverse pour les femmes pour les générations récentes. On peut donc s’attendre à ce qu’à l’avenir l’infécondité soit plus forte en bas de l’échelle sociale, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. En effet, au sein de la société française, la vie en couple reste une condition préalable relativement forte à l’entrée en parentalité.

Les résultats présentés sont issus des données d’état civil publiées par l’Insee. Ils proviennent des bulletins établis pour chaque naissance ayant lieu sur le territoire ; les bulletins permettent de renseigner des informations similaires pour les pères et pour les mères.