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L’espèce humaine a-t-elle un problème de fertilité?

Population et Sociétés

471, octobre 2010

n° ISSN 0184 77 83

La fertilité des couples pourrait avoir légèrement diminué depuis quelques décennies dans plusieurs pays industriels, et certains se demandent si cela ne risque pas d’entraîner un déclin de la population. Cette crainte est en grande partie infondée comme nous l’explique Henri Leridon qui fait ici le point sur la fertilité de l’espèce humaine.
La probabilité qu’une femme ayant des rapports sexuels non protégés conçoive au cours d’un cycle, appelée aussi fécondabilité, n’est en moyenne que de 20 % à 25 %. Un couple à la fertilité « normale » n’obtient une grossesse en général qu’après plusieurs mois. Ce long délai tient pour partie à une mortalité foetale élevée, plus de la moitié des produits de conception n’aboutissant pas à une naissance vivante. La fécondabilité varie d’un couple à l’autre. Sur 100 couples décidant d’avoir un enfant, 90 obtiennent une grossesse dans les 12 mois qui suivent, mais les 10 restants, qui n’en ont pas eu, et ont une fécondabilité en moyenne plus faible, y parviennent cependant dans leur majorité dans les 12 mois suivants. Une infécondité après 12 mois n’est donc pas synonyme de stérilité comme on le laisse croire parfois. Il est possible que la fertilité ait diminué dans certaines populations occidentales en raison notamment de la baisse de la qualité du sperme. Mais elle ne devrait pas entraîner de baisse de la fécondité, le nombre effectif d’enfants d’un couple, tout au plus un léger allongement du délai nécessaire pour les concevoir.

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