Du logement au monde privé

Le rôle du logement dans le déroulement de la vie quotidienne ne cesse de se renforcer (pandémie de Covid-19, dérèglement climatique, crise énergétique…). Les recherches conduites dans cet axe ont pour objectif d’analyser les transformations de l’espace domestique et de ses usages, et de documenter la contribution du logement à la dynamique des inégalités. Ces recherches considèrent notamment les interrelations entre les différentes dimensions de l’existence (travail domestique et salarié, loisirs, sociabilité, care notamment), dans le prolongement des travaux consacrés au « monde privé ». En outre, elles accordent une place centrale à l’articulation des rapports sociaux (genre, classe, âge, race notamment) qui se déploient et s’inscrivent dans le logement.

Constituer un monde privé en situation de vulnérabilité Un premier ensemble de travaux explorent de manière longitudinale et dynamique les mécanismes qui conduisent à la précarité résidentielle ou, au contraire, qui permettent d’en sortir : liens entre privations de logement, de travail et migration ; conditions d’accès et de sortie de l’hébergement institutionnel (Aide Sociale à l’Enfance, ménages relogés en région, sans domiciles…) ; conditions d’existence des étudiants et entrée en paternité des pères de milieux populaires Du temps de travail aux dynamiques de la vie familiale Un second ensemble de travaux s’intéressent aux liens entre transformations temporelles du travail, flexibilité et organisation de la sphère privée. Ils ciblent notamment deux types de processus émergents : d’une part, l’essor des horaires non-standards de travail et ses impacts socio-familiaux (conjugalité, parentalité, inégalités de genre notamment); d’autre part, les mobilités post-covid de populations qualifiées et leurs effets sur la vie professionnelle et l’organisation domestique. Dans et autour du logement : les pratiques d’adaptation aux enjeux environnementaux Face à l’intensification des crises (logement, énergie, climat), de nouvelles recherches documentent la manière dont les choix résidentiels, les usages du logement et les relations familiales sont affectés : sortie du parc conventionnel et habitats « alternatifs » ; enquête expérimentale sur les conditions de vie et l’environnement, en partenariat avec l’Insee ; gestion des budgets et précarités domestiques. Ces recherches sont amenées à se renforcer dans les prochaines années grâce à de nouveaux partenariats, et à la collecte et à la production de nouvelles données. Elles s’inscrivent dans le séminaire Population&Environnement de l’Ined, créé en 2023.

Ces travaux s’appuient sur de multiples sources et données pour répondre à des enjeux de connaissance de populations spécifiques, vulnérables et/ou peu accessibles. Certaines recherches collectent ainsi de manière ad hoc des entretiens biographiques et réalisent des observations in situ (à la rue, en prison, dans les logements, etc.). D’autres s’appuient sur des enquêtes de la statistique publique (Conditions de travail, Sans Domicile, Logement, Conditions de vie et Environnement) qu’elles contribuent à enrichir et faire évoluer par leurs réflexions théoriques et leurs apports empiriques. Certaines recherches mobilisent enfin des sources et registres administratifs visant à éclairer les trajectoires de placement et à saisir l’intrication entre les dimensions intimes et institutionnelles de l’existence. Ensembles, ces données qualitatives et quantitatives permettent d’éclairer les différentes facettes des inégalités (entre ménages, au sein des ménages) et d’enrichir la compréhension des mécanismes à l’œuvre.

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