L’Egypte, l’exception géographique

 

©IRD -Thierry Ruf

 

 

L’Égypte est l’un des seuls pays arabes à ne pas avoir réellement achevé sa transition démographique, malgré une chute de la mortalité. Avec presque 79 millions d’habitants en 2010, l’Égypte est aujourd’hui le plus peuplé des pays arabes...

 

 

 

 

Une forte concentration de la population

  • Plus de 95 % de la population égyptienne est concentrée sur seulement 5 % de la superficie du pays dans la zone du Delta du Nil, au long de sa vallée et des zones limitrophes comme Alexandrie et Port Saïd.
  • Au Caire, la densité de la population est d’environ 40 000 habitants par km² (2006) et à Gizeh d’environ 5 300 habitants par km², niveau bien supérieur aux grandes agglomérations urbaines nord-américaines et européennes comme Paris et New York.

 

Egypte, densité de la population

Une remarquable croissance de la population

  • De 4,48 millions de personnes recensées en 1846-1848, la population égyptienne est passée à 6,83 millions d’habitants en 1882 ; en 1897, les résultats d’un nouveau recensement donnèrent une population de 9,7 millions.
  • Au cours du XXe siècle, la population a augmenté d’environ 20 millions à 50 millions d’habitants en 1986, pour atteindre plus de 78 millions d’habitants en 2010 (Capmas).

Une forte baisse de la mortalité

  • Le taux brut de mortalité générale a diminué de 17 ‰ au début des années 1960 à 6 ‰ au début des années 1990.
  • Le taux de mortalité infantile s’est très fortement réduit: de 200 ‰ au début des années 1950, il est passé à 25 ‰ en 2008.
  • Les progrès de l’espérance de vie à la naissance sont aussi importants : elle est passée, entre 1950 et 2008 de 41 à 70 ans pour les hommes et de 44 à 74 ans pour les femmes.

Mais la fécondité reste élevée

  • Si la baisse de la fécondité a bien commencé dans les années 1960, le nombre d’enfants par femme reste encore élevé ; la dernière estimation officielle du taux de fécondité est de 3 enfants en 2008. L’objectif du gouvernement, qui est d’atteindre le seuil de remplacement des générations (2,1 enfants par femme) d’ici 2017, ne semble donc pas réaliste.
  • L’existence d’un planning familial, la relative souplesse des autorités religieuses à cet égard, les politiques mises en œuvre, l’ouverture internationale ne suffisent pas à renverser la tendance. La société égyptienne est-elle prête à avoir une famille réduite ?