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Des politiques démographiques en Chine

Collection : Cahiers

137, 1997, 410 pages

Papier

n° ISBN 978-2-7332-0137-4

31,00 €
Avertissement
Préface

Introduction
Chapitre I. – Organisation sociale et encadrement de l’individu
Chapitre II. – Les politiques de peuplement
Chapitre III. – Définitions des unités et de la population urbaines
Chapitre IV. – Population urbaine et réseau urbain
Chapitre V. – Du laisser-faire aux naissances planifiées
Chapitre VI. – La politique de l’enfant unique
Chapitre VII. – Les voies du contrôle : 1) La nuptialité féminine
Chapitre VIII. – Les voies du contrôle : 2) La prévention des naissances
Chapitre IX. – La fécondité chinoise
Chapitre X. – Limitation et masculinité des naissances
Conclusion

Glossaire
Bibliographie
Liste des tableaux
Liste des graphiques
Liste des cartes et des diagrammes


La réussite des politiques démographiques de la Chine populaire a lontemps été présentée comme exemplaire. Les abondantes données disponibles depuis le début des années quatre-vingt permettent d’examiner leurs effets réels.

Les programmes de politique démographique chinois s’appuient sur le dispositif administratif et politique d’encadrement de la société par l’État installé progressivement pendant la décennie cinquante sur les ruines des structures traditionnelles. La population tout entière est répartie dans des groupes créés sur le lieu d’habitation ou de travail qui la tiennent en tutelle, et assurent son contrôle politique et administratif. Ce système a été l’instrument de mise en œuvre de la limitation des naissances et du contrôle des déplacements de la population.

Les mesures de redistribution de la population, prises dès 1953 pour endiguer le chômage urbain, ont réussi à maintenir la proportion de la population urbaine dans la population totale à un faible niveau de 1962 à 1979, et à éviter les effets d’une urbanisation galopante, mais au prix de l’assignation à résidence de la population rurale et de la déportation de certaines catégories de citadins.

En matière de limitation des naissances, les remous de la société chinoise ont mis un terme à deux timides essais, en 1956 et en 1962. La restauration progressive de l’appareil d’État permet, à partir de 1971, de faire de la planification des naissances une tâche politique : la troisième campagne institue le système des quotas de naissances, impose des normes de procréation, les autorisations des grossesses, le retard de l’âge au mariage et la contraception. Ce programme contraignant, à peu près généralisé vers 1975-1976, accélère la diminution de la descendance, commencée chez les couples formés autour des années cinquante. Celle-ci est toutefois insuffisamment rapide pour que l’objectif des Quatre modernisations, fixé fin 1978, puisse être atteint, et la politique de l’enfant unique est adoptée en 1979.

Elle est appliquée au moyen de stimulants matériels et de sanctions, de campagnes de stérilisations et d’avortements forcés, et de contrats de responsabilité qui imposent un double objectif, économique et de naissances planifiées. La responsabilité des cadres, et la responsabilité collective complètent le dispositif dont le fonctionnement implique nécessairement l’utilisation de méthodes coercitives. La résistance qu’elles font naître se manifeste notamment par la dissimulation des naissances par les parents, la falsification des statistiques par les cadres, et aussi par la très faible efficacité de la contraception en Chine, due au manque de motivation des couples, qui neutralise sa forte prévalence.

Les réformes du début de la décennie quatre-vingt, avec la décollectivisation, érodent l’efficacité du système d’encadrement de la population. Au moment où elle est formulée, la politique de l’enfant unique ne peut déjà plus être imposée à la population rurale, car elle entre en contradiction avec la libéralisation associée aux réformes de l’économie et de l’administration. Mais elle a produit des effets pervers, comme la dégradation continue du statut de la femme, traduite par l’avortement préférentiel des fœtus féminins et la recrudescence de l’infanticide des petites filles. Par ailleurs il se forme dans les villes, à partir de 1984, une importante population " flottante " qui échappe au contrôle des travailleurs de la planification des naissances.

Certaines des réformes visant à faciliter la réalisation des Quatre modernisations ont ainsi eu des effets la compromettant, éloignant la perspective de réaliser les objectifs démographiques fixés pour l’an 2000. L’augmentation de la fécondité générale au cours des années quatre-vingt, et l’urbanisation effrénée montrent que, dans ces domaines, la " voie chinoise " n’aura finalement été qu’un coûteux détour.


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