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L’avortement non sécurisé reste fréquent dans le monde, mais il est moins souvent fatal

Population et Sociétés

513, août 2014

n° ISSN 0184 77 83

Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse dans le monde n’a que peu diminué et la moitié se font toujours dans l’illégalité. Pourtant le nombre de décès faisant suite à un avortement a diminué de façon sensible au cours des deux dernières décennies. Faisant le point sur l’avortement non sécurisé dans le monde, Clémentine Rossier nous explique les raisons de ce paradoxe.

La fréquence des avortements volontaires a baissé dans le monde au cours des années 1990, passant de 35 avortements pour 1 000 femmes en âge de procréer (ayant entre
15 et 44 ans) en 1995 à 29 ‰ en 2003. Mais elle s’est stabilisée dans les années 2000 (28 ‰ en 2008), parce que la diffusion de la contraception a marqué le pas dans les pays en développement. La proportion d’avortements non sécurisés, c’est-à-dire, selon l’OMS, « pratiqués par des personnes non qualifiées ou dans un environnement non conforme aux normes médicales minimales, ou les deux », n’a pas baissé et représente encore près de la moitié des avortements volontaires (49 % en 2008).
De façon paradoxale, la mortalité liée à l’avortement a diminué de manière continue depuis deux décennies, passant de 60 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 40 décès en 2008. La baisse a été particulièrement marquée en Amérique latine alors que l’avortement y reste pourtant fermement condamné. Cette évolution est liée en partie à la diffusion de l’avortement médicamenteux dans des pays où il reste illégal. Aujourd’hui, illégalité ne rime plus systématiquement avec insécurité.

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