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Nouveaux horizons démographiques en Méditerranée

ÉPUISÉ

Collection : Cahiers

142, 1999, 200 pages

Introduction

Chapitre 1 La nécessité de revoir les projections démographiques

1. Les projections démographiques des Nations unies. De la version 1994 à la version 1998
2. Les projections démographiques de l’IIASA (International Institute for Applied Systems Analysis) pour l’Afrique du Nord, 1996
3. Approche méthodologique
4. L’effet de l’instruction sur la fécondité
5. Les ambiguïtés de la relation entre instruction et fécondité dans la région méditerranéenne
6. Les hypothèses sous-jacentes aux scénarios de baisse de la fécondité
7. La méthodologie de la projection

Chapitre 2 Résultats détaillés par pays

I. Union du Maghreb arabe
1. Maroc 2. Algérie 3. Tunisie 4. Libye 5. Mauritanie

II. Plaine du Nil
1. Égypte 2. Soudan

III. Moyen-Orient du Nord
1. Syrie 2. Liban 3. Irak 4. Jordanie 5. Palestine 6. Israël 7. Turquie

IV. Moyen-Orient du Sud
1. Yémen 2. Arabie saoudite 3. Principautés du Golfe : Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Émirats arabes unis 4. Iran

Chapitre 3 Implications de la croissance démographique sur la rive sud

1. La fin de l’explosion démographique
2. Quelles implications ?


Vue d’ensemble et conclusion


Le calcul de perspectives démographiques est toujours un exercice délicat en raison des implications économiques, géopolitiques, voire idéologiques qu’il présente. C’est particulièrement le cas lorsqu’il s’agit de la rive sud de la Méditerranée, parfois décrite comme une région en voie d’explosion démographique face à une Europe sur le déclin et vieillissante.

En réalité, les résultats rassemblés dans ce volume, concernant vingt-deux pays qui s’étendent de la Mauritanie à l’Iran, c’est-à-dire les pays arabes, l’Iran, Israël et la Turquie, montrent qu’ils sont tous engagés dans la transition démographique. Partout, la fécondité baisse, à mesure que l’instruction féminine progresse. Le développement prévisible de ce mouvement va accentuer le phénomène et l’on peut considérer que la fécondité passera, dans l’ensemble de la région, de 4 à 2,3 enfants par femme d’ici 2025. L’observation précise des tendances propres à chaque pays, à partir des données les plus récentes, et la prise en considération de l’évolution future de la fécondité selon le niveau d’instruction, permettent de considérer sous un jour nouveau le devenir démographique de cette région.

La population va continuer à augmenter, passant de 368 millions d’habitants en 1995 à 586 millions, mais cette croissance est sensiblement inférieure à celle que prévoyaient, il y a peu, les Nations unies, qui attendaient près de 700 millions dans un quart de siècle. Ce ralentissement de la croissance ne peut avoir qu’un effet bénéfique sur certaines tensions régionales, par exemple celles qui se manifestent entre l’Algérie et ses voisins, entre le Soudan et l’Égypte ou entre la Syrie et la Turquie.

La pression continue des générations nouvelles, sur la demande d’éducation comme sur le marché de l’emploi, va s’atténuer. Certains pays, comme la Turquie, pourraient même souffrir d’un déficit de main-d’œuvre !

Enfin, tous ces pays vont être concernés par le vieillissement, inéluctable, de la population.

Même si ce phénomène demeure bien inférieur à ce qui s’observera en Europe, il y a là un indéniable facteur de convergence entre les deux rives de la Méditerranée.

Ce nouveau contexte démographique ne sera pas sans effets sur le développement économique et social de la région. Le ralentissement de la croissance démographique devrait entraîner une diminution des investissements, d’éducation notamment, destinés à accueillir les générations montantes, c’est-à-dire des investissements démographiques, au profit des investissements orientés vers le développement économique. Dans le même temps, le poids grandissant des adultes au sein de la pyramide des âges devrait être à l’origine d’une plus grande propension à épargner.

Enfin, au-delà de la sphère strictement économique, la transition de la fécondité accompagnera vraisemblablement l’émergence d’un nouveau statut de la femme, qui ne se consacrera plus seulement à l’entretien des enfants, mais prendra une place de plus en plus importante dans la vie économique et sociale.


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