Ageing and social policy

Given France’s ageing population and the need to adapt public policies accordingly, the general aim of this project is to relate older persons’ demographic and economic behaviours and trajectories and study how they are in turn related to the main characteristics of the French social protection system. The project will focus in particular on retirement and old age care support policies, looking at (1) ties between family and couple configurations, the retirement system, and inequalities between retirees; (2) care support policies involving either home care—here the focus will be on relations between informal support, occupational activity, and professional home care—or institutional care—here the focus will be on restrictions in access to France’s system of care institutions, also how those institutions are funded (for example, determinants for using housing aid funds).

Le vieillissement de la population est un des enjeux majeurs auquel devront faire face les politiques sociales. L’allongement de l’espérance de vie couplée à l’arrivée à la retraite puis aux âges de la perte d’autonomie des générations nombreuses du baby-boom pose de nouvelles questions. La population âgée de 65 ans et plus devrait représenter 27 % de la population totale à l’horizon 2050, les effectifs de personnes âgées en perte d’autonomie devrait croître de 75 % à l’horizon 2050. Ces évolutions posent des questions sur la soutenabilité financière des systèmes, mais également, et de manière plus fondamentale, sur les logiques et les principes structurant nos systèmes de protection sociale. Au-delà des effectifs, ces générations qui arrivent aux âges de la retraite puis de la perte d’autonomie sont aussi porteuses de nouveaux comportements. Les trajectoires familiales, conjugales et professionnelles se sont diversifiées et conduisent à une population des retraités plus hétérogène, disposant de ressources inégales, qu’elles soient monétaires, patrimoniales, familiales ou de santé. La question de l’évolution des disparités au sein de la population de retraités se pose d’autant plus que leur part croissante va influer sur l’inégalité de la population dans son ensemble. Ces constats amènent à repenser les politiques sociales, en particulier les politiques de retraite et de prise en charge de la perte d’autonomie, particulièrement affectées par le vieillissement. Le projet vise à mettre en relation les comportements et trajectoires démographiques (divorce/séparation, mise en union, fécondité, longévité) et économiques (consommation, épargne, production domestique, transferts intrafamiliaux) des personnes âgées, en interrogeant leur articulation avec les principales caractéristiques de notre système de protection sociale. En effet, les politiques sociales, dont les politiques de retraite et de prise en charge de la perte d’autonomie, ne sont pas indépendantes des configurations familiales. Comprendre les interactions nécessite une connaissance fine des comportements individuels et familiaux. Par exemple, si la législation en fonction des différents types d’union s’est progressivement harmonisée, des différences subsistent, en particulier en cas de divorce (prestation compensatoire) ou de décès du conjoint (pension de réversion du système de retraite) pouvant influencer les comportements conjugaux. Comprendre la manière dont se positionne l’action publique face aux solidarités familiales est également indispensable dans le cadre de la prise en charge de la perte d’autonomie. A domicile tout d'abord, se pose la question des politiques sociales d’aide aux aidants ou celle des aides sociales qui vise à solvabiliser la demande d’aide professionnelle, dont on ne sait pas comment elle se répercute sur les comportements d’aide informelle. La question se pose également lorsque la prise en charge s’organise en établissement d’hébergement pour personnes âgées, en termes de financements (comment les arrangements financiers au sein de la famille conditionnent- ils le recours à l’aide sociale à l’hébergement ?) mais également en termes d’accès (les capacités d’accueil en Ehpad contraignent-elles l’entrée en établissement ?) Le projet vise ainsi à prolonger des travaux existants sur les inégalités de retraite, la conciliation vie familiale et vie professionnelle, analysée sous le prisme de l’aide informelle dont bénéficient les personnes âgées en perte d’autonomie, ou encore sur l’évolution des besoins de prise en charge. Il développera aussi des thématiques encore peu étudiées, tels les déterminants des comportements conjugaux aux âges avancés et leur spécificité par rapport à d’autres âges, mais aussi les politiques sociales de prise en charge en établissement d’hébergement pour personnes âgées, avec différents projets visant à analyser les modalités de financement des frais d’hébergement, les déterminants individuels et familiaux du recours à l’ASH, ou encore les contraintes d’accès aux Ehpad. De manière transversale, une attention spécifique sera portée aux inégalités, qu’elles soient socio-économiques ou de genre, et sur la manière dont les politiques sociales mises en œuvre les atténuent ou au contraire les renforcent. Ces investigations nouvelles seront en particulier rendues possibles par l’accès à de nouvelles bases de données, d’enquête (telle l’enquête CARE) ou administratives (tels l’appariement de l’EIR avec les données fiscales). Les analyses menées permettront de tester empiriquement de nouvelles hypothèses de recherche, à la fois dans le champ de la prise en charge de la perte d’autonomie et dans le champ de la retraite. On pourra ainsi tester l’intérêt des Ehpad à sélectionner à l’entrée certains types de résidents, la complémentarité partielle entre exercice d’une activité professionnelle et aide informelle, ou encore, l’existence d’arrangements familiaux informels comme alternative au recours à l’ASH. Au niveau de la retraite, seront entre autres testées différentes hypothèses relatives à l’influence des incitations financières liées à la réversion dans la mise en couple ou le choix du type d’union aux âges avancés ou encore l’effet du départ à la retraite sur l’état de santé.

L’axe 1 porte sur les liens entre configurations familiales et conjugales, système de retraite et inégalités au sein des retraités. Il s’agit d’étudier les comportements démographiques des 50 ans et plus, en particulier la mise en union et le divorce et d’évaluer dans quelle mesure les dispositifs de retraite tenant compte du type d’union (réversion) ont une influence ; l’effet de ces dispositifs de réversion sur les inégalités en lien avec le niveau d’homogamie ; la manière dont ils pourraient évoluer si on repense la manière dont le système de retraite tient compte du couple ; enfin l’axe 1 s’intéresse aux effets du passage à la retraite sur la santé. L’axe 2 étudie les liens entre politiques sociales et solidarités familiales, aussi bien à domicile qu’en établissement. Dans un premier temps, il s’agit d’étudier l’articulation entre aide informelle et exercice d’une activité professionnelle et l’articulation entre aide informelle et aide professionnelle à domicile. En établissement, on traitera la question des accès aux EHPAD, en particulier sur le plan financier, afin de comprendre comment la prise en charge s’organise en établissement d’hébergement pour personnes âgées. Il sera porté une attention particulière au recours à l’aide sociale à l’hébergement en lien avec le rôle des arrangements financiers au sein de la famille. Dans les deux axes, la question des inégalités, qu’elles soient socio-économiques ou de genre, et de la manière dont les politiques sociales mises en œuvre les atténuent ou au contraire les renforcent est présente.

Le projet mobilisera de nombreuses bases de données, données d’enquêtes ou sources administratives : - L’échantillon Démographique Permanent (EDP) - Fichiers démographiques sur les logements et les individus (Fideli) - Enquête Care-Ménages et Care- Institution - Les données appariées de l’Echantillon Interrégimes des Cotisants et des données fiscales - l’enquête Emploi - l’enquête Share - l’enquête auprès des établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPA) Plusieurs types de méthodes économétriques sont mobilisés : décomposition Oaxaca, décomposition quantile, équations simultanées, évaluation des politiques publiques, régression de panel. On recourt aussi aux modèles de microsimulation.

List of participants