Etude Elfe :
Premiers résultats sur l’allaitement en maternité

Sept femmes sur dix allaitent à la maternité, selon les premiers résultats de l’étude Elfe, qui suit plus de 18 000 enfants depuis leur naissance en 2011. Des données portant sur l’alimentation lactée ont été recueillies à la maternité. Voici les résultats selon les caractéristiques des parents, les conditions de la grossesse et l’accouchement…

 

L’allaitement maternel a beaucoup progressé
depuis les années 70

L’enquête permet d’apprendre que 70 % des mères allaitent à la maternité, un chiffre en forte progression depuis les années 1970. À la maternité, 59 % des mères allaitent exclusivement et 11 % donnent un biberon en plus du lait maternel.

  • Dans l’étude Elfe, les mères qui allaitent plus fréquemment sont plus âgées, de corpulence normale et appartiennent à une catégorie socioprofessionnelle supérieure. Les femmes nées à l’étranger allaitent plus souvent, de même que celles qui ont suivi des séances de préparation à la naissance et qui ne fumaient pas pendant leur grossesse. L’allaitement apparaît plus fréquent lorsque les pères sont impliqués, présents à la naissance et que les couples sont mariés.
  • En revanche, la prévalence de l’allaitement en maternité est plus faible lorsque la mère possède un niveau d’études intermédiaire, n’a pas ou peu participé aux séances de préparation à la naissance, fumait pendant la grossesse ainsi que lorsque les parents sont jeunes, non mariés, nés en France, au chômage ou au foyer et lorsqu’ils occupent une position peu élevée dans la hiérarchie sociale.
  • Le taux de l’allaitement à la maternité varie significativement selon la saison de naissance. Il est plus élevé pour les enfants nées au printemps (72,8 %) que pour ceux nés à l’automne (69,4 %) ou en été (70,1 %)
  • Les enfants nés par césarienne, transférés pour surveillance ou en raison d’un état de santé précaire ou issus d’une grossesse gémellaire ainsi que les enfants prématurés ou de faible poids de naissance sont moins souvent allaités.
  • La proportion d’enfants allaités est plus élevée lorsque les deux parents sont nés à l’étranger (90,8 %) et plus faible que lorsqu’ils sont tous deux nés en France (65,5 %). Les unions mixtes se situent à un niveau de pratique intermédiaire, avec toutefois un pourcentage d’allaitement plus élevé lorsque c’est la mère qui est née à l’étranger (88,0 % contre 76,7 %).

Pour poursuivre les efforts en matière de promotion de l’allaitement, les chercheurs proposent donc d’impliquer davantage les pères tout en permettant à plus de femmes d’assister aux séances de préparation à l’accouchement (par exemple, 70 % des ouvrières n’y ont pas assisté en 2011, contre 27 % des cadres).