Évolution de la mortalité en France

Des progrès continus de l’espérance de vie à la naissance

Le nombre de décès survenus au cours de l’année 2011 est provisoirement estimé à 545 100 pour la France entière, dont 534 000 en métropole et 11 000 dans les départements d’outre-mer. Le taux brut de mortalité s’élève à 8,5 pour 1 000 habitants. Pour l’ensemble du pays, l’espérance de vie à la naissance en 2011 est estimée à 78,4 ans pour les hommes et 85,0 ans pour les femmes (78,5 et 85,0 en France métropolitaine), soit un gain de cinq et quatre mois depuis 2010 et un écart entre les sexes qui reste stable.

Un bon classement parmi les pays européens pour les femmes, moins pour les hommes

En 2010, année la plus récente pour laquelle nous disposons de données comparatives, la France reste dans la moyenne des pays européens pour l’espérance de vie à la naissance, sans changement notable par rapport à 2009. Le pays continue d’occuper une position très favorable au sommet du classement féminin (84,6 ans) juste derrière la Suisse (84,8) et l’Espagne (85,3). La position française est depuis longtemps nettement moins favorable pour les hommes (78,0 ans d’espérance de vie à la naissance en 2010 pour l’ensemble du pays).

Une mortalité aux âges élevés particulièrement faible

Parmi les pays européens, la France montre non seulement la plus faible probabilité de décéder entre 65 et 80 ans pour les femmes depuis plus de trente ans, mais elle dispute à la Suède la tête du classement masculin depuis 1987.
La France occupe également la tête du classement européen pour l’espérance de vie à 80 ans depuis 1986 pour les femmes et, en concurrence avec l’Espagne, depuis la même date pour les hommes.

Une évolution favorable à tous les âges depuis 1980

C’est en dessous de 25 ans que la mortalité a le plus baissé entre 1978 et 2008 : le risque de décès entre la naissance et le 25e anniversaire est ainsi passé de 33 ‰ à 12 ‰ pour les hommes et de 19 ‰ à 7 ‰ pour les femmes, soit une baisse de 60 % à 70 %.
Malgré les progrès importants réalisés avant 25 ans, la baisse de la mortalité à ces âges a de moins en moins d’effet sur l’évolution de l’espérance de vie à la naissance car les risques de décès des plus jeunes ont atteint un niveau très bas. Seuls 8 % des gains obtenus au cours de la dernière période chez les hommes et moins de 6 % chez les femmes sont attribuables à la baisse de la mortalité au-dessous de 45 ans. À l’inverse, 75 % des années de vie gagnées par les hommes et 85 % de celles gagnées par les femmes au cours de la même période sont dues aux progrès réalisés au-delà de 65 ans, et ces gains ont eu lieu surtout au-delà de 80 ans : respectivement 42 % et 66 % du total des années de vie gagnées. Ces proportions considérables traduisent le poids croissant de la mortalité aux âges élevés dans l’évolution générale.

Le cas particulier de la mortalité infantile en France

Après 5 années d’une inquiétante stabilisation, la mortalité infantile française semble avoir repris sa baisse en 2010, avec un taux qui, selon les chiffres provisoires de l’Insee, a diminué de 3,7 ‰ à 3,5 ‰ entre 2009 et 2010, puis à 3,4 ‰ en 2011. Malgré l’évolution défavorable d’une partie des années 2000, le taux de mortalité infantile se serait réduit d’un quart en dix ans, alors que le niveau extrêmement faible déjà atteint en 2001 (4,5 ‰) laissait présager un ralentissement du rythme de baisse.